Les 3 Ballons, grand parcours : résumé de Benoît D.
La veille de la course, nous retrouvons Léon sur le parking de Champagney. Parti avec son mobile home depuis la mi-mai, il se sentait seul et voulait revoir des équipiers. Il participera sur la petite distance, de même que Titi.
En ce qui concerne le grand parcours, à tout seigneur, tout honneur ! Je tiens à remercier Tchétché qui a accepté d’être le mécano et le soigneur de Patrick et moi-même sur cette épreuve hors du commun. Avant le départ, il prépare nos vélos afin que nous puissions nous équiper sans stress. Sur le parcours long de 205 km il effectuera trois ravitos, à chaque fois il était placé à un endroit stratégique pour pouvoir passer deux bidons (plein !!! n’est-ce pas coach … ) et du solide. Exercice d’autant plus périlleux qu’il y avait un écart entre Patrick et moi, il n’avait pas le temps de chômer entre deux ravitos. Il nous a choyés comme des pros tout au long de la journée.
Durant la nuit, il a beaucoup plu et les routes sont encore mouillées au matin. Sur la ligne de départ, à 7h15 nous avons droit à quelques gouttes de pluie, juste que quoi nous faire peur ! En effet, l’épreuve se déroulera au sec, la température est déjà de 16°C à Champagney, et il y règne une certaine lourdeur. Heureusement, il fera assez nuageux et nous n’aurons pas la canicule.
Nous avons tous les deux un dossard prioritaire, nous sommes donc bien placés sur la ligne de départ. Après deux kilomètres, je suis dans les 30 premiers et j’arrive facilement à garder cette position au sein du peloton jusqu’au pied du premier col de la journée, le Ballon de Servance. C’est à ce moment que je vois Titi qui a dû remonter bon nombre de concurrents (il n’était pas prioritaire) . En effet, les deux épreuves partent en même temps, ce qui est loin d’être idéal pour une épreuve de ce niveau.
Le pied du col est assez facile et le tempo n’est pas très élevé. Mais dès que la pente s’accentue l’allure augmente et le peloton casse en petits groupes. A deux kilomètres du sommet je dois lâcher prise du groupe de tête composé d’une vingtaine d’hommes. J’arrive à refaire la jonction dans le faux plat juste avant le sommet (Tchétché est déjà présent pour nous encourager). La descente du Ballon de Servance est dangereuse. En effet, c’est une petite route forestière recouverte de gravillons qui est encore mouillée vu les averses de la nuit. Le groupe de tête descend prudemment. Je me contente de suivre à l’arrière. Plusieurs petits groupes rentrent sur nous. Au pied, nous sommes arrêtés à un feu rouge. (Les organisateurs l’avaient annoncé : malgré la présence de la gendarmerie interdiction de passer au feu rouge, vous n’avez pas la priorité, un peu dommage pour une telle épreuve). Un peloton d’une bonne soixantaine de coureurs se reforme.
Les 2 cols suivants (le col du Ménil et d’Oderen) sont faciles et il ne s’y passera rien. Malgré son faible pourcentage c’est dans le col de Bramont (vers le kilomètre 80) que la sélection va s’opérer. En effet, les leaders mettent un tempo très élevé, une quinzaine de coureurs se dégagent (dont le régional Arnaud Croisier). Je n’ose pas me mettre dans le rouge vu qu’il reste plus de 120 km de course. Je suis dans le deuxième groupe qui compte aussi une quinzaine de coureurs. Le peloton est morcelé en plusieurs petits groupes. Pour rejoindre la route des Crêtes nous empruntons la route des Américains (4km entre 8 et 10%). Nous la montons au tempo, nous apercevons encore la tête de la course. Nous avons une minute de retard.
Sur la route des Crêtes, nous devons affronter le brouillard, la température est de 12°C, nous devons lutter contre un vent fort qui est souvent latéral-face. Dans mon groupe, personne ne veut rouler, avant les 2km de montée vers le Grand Ballon, nous sommes rejoints par un groupe. Heureusement, deux - trois coureurs mettent le tempo lors de l’ascension et le peloton s’étire. Je suis aux avant-postes. Juste avant le sommet Tchétché est présent pour le premier ravito. Il me passe les deux bidons sans problème et me relance. Je passe en tête au sommet, je mets le grand plateau sur le faux plat et je plonge dans la descente. Je fais un gros trou. 3km plus bas je suis rejoint par un certain Daniel Fricker (qui est leader du trophée de l’Est dans ma catégorie et au scratch) et un autre coureur. Je regarde en amont, personne … Vu que Daniel est un bon descendeur et qu’il connait les cols il prend les commandes. Sur la fin de la descente, il nous prendra une bonne centaine de mètres mais nous le gardons en point de mire. Arrivés au bas du col à Willer-sur-Thur, nous rejoignons le groupe de tête arrêté au feu rouge … Nous avons de la chance car il passe directement au vert.
Au sein du groupe de tête plusieurs coureurs pestent (et je les comprends) car l’un d’eux (Leblacher ex-pro s’est échappé dans la descente et a eu juste le temps de passer au vert…). Ils sont bien décidés à ce que la course ne se joue pas de cette façon !). Dès le pied de l’Hunsbruck, ils accélèrent, je dois vite lâcher prise de même que Fricker et trois autres coureurs. Nous montons ce col qui est loin d’être facile (il compte plusieurs passages à fort pourcentage) au train. Après la descente, nous nous retrouvons à 5. Je motive directement les autres coureurs pour que nous tournions vu que nous devons avoir une bonne avance sur nos poursuivants et que notre intérêt est commun.
Dès le pied du Ballon d’Alsace, un coureur de chez Veltec accélère, il se fait vite houspiller par deux concurrents. En effet, il n’a pas intérêt à faire exploser notre petit groupe car la route est encore longue entre le Ballon et l’arrivée. Nous montons donc le col au tempo. Comme prévu Tchétché se trouve au sommet pour mon deuxième ravito. Je lui demande de faire le maximum pour assurer un troisième ravito au pied de la Planche des Belles Filles.
Tous les coureurs de mon groupe sont ravitaillés, personne n’est donc désavantagé.
Après le Ballons d’Alsace, nous devons parcourir une vingtaine de kilomètres avec des tape-culs pour rejoindre Champagney. Le vent est souvent défavorable. Malgré tout, nous roulons à plus de 40km/h. Je commence à ressentir les premiers signes de fatigue. Juste avant Champagney le coureur Veltec lâche prise.
De Champagney au pied de la Planche des Belles Filles (juge de paix de la journée : 5 km à 10%) nous devons encore rouler 15 km en faux plat montant. Un coureur de notre groupe est très impressionnant et assume à lui tout seul plus de 50% du travail. Je me sens de plus en plus mal et j’essaye d’économiser mes forces avant la Planche. Heureusement, le vent est maintenant favorable.
Au pied, je vois Tchétché qui est seulement occupé à remplir mon bidon. Je lui crie que j’arrive. Il se métamorphose en Usain Bolt pour me passer le bidon !!! Malheureusement, je ne peux suivre le rythme imposé par Fricker et le coureur qui avait donné le tempo depuis Champagney. Je reste avec le quatrième coureur de notre groupe. Nous gardons les fuyards en point de mire pendant 2 km. Après 3 km, mon compagnon explose complètement. Je continue à mon train. Impossible d’aller rechercher devant et j’ai de la marge par rapport à mes poursuivants. Je me motive en pensant au chrono … après un rapide calcul je veux franchir la ligne avant les 6h45 de course.
Au final je fais 14ème et 4ème de ma catégorie.
Quand à lui Patrick a fait une belle course même s’il a souffert dans la Planche des Belles Filles. Il termine à la 103ème place et 5ème de sa catégorie.
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